Les 6
milliards de poulets élevés annuellement pour leur chair dans L’Union européenne vivent presque tous dans des conditions pitoyables. Ils sont entassés dans des bâtiments surpeuplés. Du fait de leur croissance très rapide, beaucoup souffrent de douloureux problèmes aux pattes ou meurent d’ insuffisance cardiaque. Nous les faisons naître, nous les faisons grandir dans des élevages concentrationnaires, nous les transportons et nous les tuons pour les manger. Ils ne voient la lumière du jour que pour être chargés dans un camion qui les mènera à l’abattoir. Manipulés avec brutalité, entassés dans des caisses, ils n’en seront sortis que pour être suspendus par des crochets qui les feront plonger dans un bac d’eau électrifié… Là, étourdis, ils seront égorgés.
Des conditions de vie misérable :
Grandir vite et mourir jeune
En élevage intensif, les poulets sont sélectionnés pour produire beaucoup de chair en un minimum de temps. Une alimentation enrichie entraîne également une croissance très rapide. Les poulets atteignent leur poids d’abattage deux fois plus rapidement qu’il y a 30 ans. En conséquence, beaucoup souffrent de douloureux problèmes aux pattes (déformations, paralysies) ou meurent d’insuffisance cardiaque (ascites et “symptôme de la mort subite”). Les pattes fléchissent sous le poids surdimensionné du corps. Le coeur ne peut suivre le développement trop rapide de l’organisme.
En France, des dizaines de millions de poulets meurent chaque année dans les élevages.
Surpopulation
Les hangars fermés contiennent généralement plusieurs dizaines de milliers d’animaux. En grandissant, le bâtiment devenant surpeuplé, leurs conditions de vie se dégradent. Les densités moyennes sont de 22 poulets par m2. Les déplacements deviennent difficiles et pénibles et les oiseaux sont constamment dérangés par leurs congénères.
Les maladies de peau
A cause des problèmes de boiteries et de surpeuplement, les poulets passent la plupart du temps couchés sur la litière humide et sale. Ceci amène les oiseaux à souffrir d’ampoules sur la poitrine, de brûlures aux jarrets et d’ulcères aux pattes. Des infections généralisés peuvent suivre. Le dégagement d’ammoniac de la litière détériore un peu plus les conditions de vie.
Des famines chroniques chez les reproducteurs
Si les poulets reproducteurs grandissaient aussi vite que ceux abattus à l’âge de 6 semaines, beaucoup mourraient avant l’âge adulte (18 semaines) et les survivants seraient très peu fertiles. Pour éviter ces problèmes, les poulets reproducteurs sont nourris avec des rations très limitées ; parfois, les animaux ne reçoivent que 25 à 50% de ce qu’ils mangeraient s’ils avaient un libre accès à la nourriture. Les poulets qui reçoivent une quantité restreinte de nourriture souffrent chroniquement de la faim, sont frustrés et stressés.
Un concentré de souffrance :
Cette vie misérable, inhérente à la production intensive des poulets de chair, justifie à elle seule son interdiction. Mais pour ces animaux, le calvaire ne s’arrête pas là. Entassés dans des bâtiments surpeuplés, ils n’en sortiront qu’encore plus entassés dans des caisses, chargées sur un camion qui les mènera à l’abattoir.
Le ramassage
Quand l’heure est venue pour les poulets de chair d’aller à l’abattoir, des équipes vident très rapidement les élevages en attrapant dans chaque main 4 à 5 oiseaux suspendus la tête en bas. Les poulets sont tenus par une seule patte et sont souvent malmenés. Attraper ces oiseaux ainsi, provoque chez certains des luxations de la hanche. Ceci s’accompagne souvent de graves hémorragies et, dans le pire des cas, le fémur s’enfonce dans l’abdomen de l’oiseau.
Le transport
Il arrive que les poulets aient à supporter des températures extrêmes, froid glacial en hiver, chaleur accablante en été. Pendant le trajet, les oiseaux ressentent des secousses brutales, des vibrations, entendent des bruits assourdissants, sont privés d’eau et de nourriture et souffrent d’entassement excessif. Tout ceci provoque détresse et extrême angoisse.
L’abattoir
Les abattoirs modernes tuent de 8 à 10 000 poulets à l’heure ce qui représente la mort d’environ 170 oiseaux à la minute. A une telle vitesse il est difficile, voire impossible, d’assurer correctement le bien-être des animaux.
Généralement, les oiseaux sont suspendus la tête en bas à la chaîne d'abattage, source de souffrance supplémentaire.
Beaucoup ne sont pas étourdis correctement et reprennent conscience juste avant ou après qu’on leur ait tranché la gorge. Certains échappent d’emblée au bac destiné à l’étourdissement et sont totalement conscients lorsqu’ils se dirigent vers les lames automatiques.
Une petite économie pour les uns, payée par la souffrance des autres
Les poulets domestiques sont des oiseaux qui, quand cela leur est permis, forment une structure sociale cohérente et communiquent par des appels, des contacts et des manifestations visuelles. Si on leur en donne la possibilité, ils présenteront une large gamme de comportements de confort et de toilettage comme le lissage, l'ébouriffage des plumes, l'étirement des ailes, le bain de poussière…
L’économie que nous pouvons faire à acheter du poulet bon marché et la recherche de profit maximum de l’industrie agroalimentaire, peuvent-ils justifier de faire subir une vie si misérable à un être sensible qui, comme nous, ressent la douleur et la détresse ? Qu'il soit d'une autre espèce que nous justifie-il de rester sourd à sa souffrance, et muet face à l'immoralité de cette réduction d'un animal au statut de matière première ?
Il existe des lois qui protègent les animaux contre de tels sévices et mauvais traitements. Ces textes sont délibérément ignorés pour la plupart des plus de 830 millions d'entre eux qui, en France, sont utilisés chaque année pour la production de viande de poulet.
Alors que le prix au kilo est toujours plus bas pour le consommateur, la viande de poulet est un produit très cher payé par les animaux dont le corps est utilisé comme une simple machine à produire des protéines.